Barou'h Hashem !

Vous avez  tous un jour fait cette expérience ; vous rencontrez un Juif. Vous êtes en Israël ; vous rencontrez un Juif, qui plus est Israélien. A la question « Comment ça va ? », il vous répond : « Baroukh Hachem ».Cela peut paraître anodin et la réflexion pourrait s’arrêter là, mais si vous la poussez un peu plus loin : vous verrez qu’une simple expression à priori des plus banales dans le vocabulaire d’un Juif, peut revêtir plusieurs significations selon le contexte dans laquelle elle est employée, et que ce qu’il faut comprendre, ce n’est pas tant ce que l’on dit que la façon dont on le dit… Vous me suivez, non ? Alors, petite mise en situation…

Vous croisez dans la rue un bon copain que vous n’avez pas vu depuis longtemps :
-  Hey, Moshé ! Comment vas-tu ? 
- Baroukh Hachem ! vous répond t-il.
Que comprenez-vous : Qu’il va bien.
Ce qu’il faut comprendre : « Grâce à D. je vais bien que ça dure bleïn Ara Kéanoré*, il ne manque plus que ça qu’il vienne celui-là me mettre le mauvais œil maintenant que les affaires commencent à marcher et que je suis en bonne santé ! »
*Bleïn Ara : ″sans le mauvais œil″ en langage sépharade. Kéanoré : idem, version ashkénaze.

Autre situation : Vous êtes au mariage de Yaëlle et de David, et votre voisine de table à la langue bien pendue vous assène un coup de coude qui vous envoie en pleine poire le coca que vous aviez en main, accompagné de la remarque :
- « Et ben, t’as vu celle-là, devant le buffet de gâteaux ? Baroukh Hachem ! »
Que comprenez-vous : Qu’elle la trouve soit belle, soit connaisseuse et qui plus est fin gourmet.
Ce qu’il faut comprendre : « D. bénisse, elle a un sacré appétit ! Si j’en faisais autant de m’empiffrer comme ça, déjà que j’ai du mal à respirer ce soir dans ma robe bustier, alors là, c’est deux tailles de plus garanties en une soirée. A moins que son mari ait les moyens de lui offrir une liposuccion pour son anniversaire… ».

Dans le même genre : « T’as entendu la nouvelle ? Shoshana a déjà sept filles, et elle attend des jumelles, Baroukh Hachem ! » 
Dans ce cas-là, on se sait pas s’il faut comprendre « bravo » ou « miskéna », la pauvre!

Autre réplique, sortie de la bouche de Maurice : « Un ashkénaze dans la famille ? Baroukh Hachem, on est restés entre Constantinois ! » 
Comprendre : D. nous en préserve !

Une femme demande à son mari, à la fin d’un copieux repas de shabbat :
-Chéri, as-tu assez mangé ? 
- Baroukh Hachem ! 
Que faut-il comprendre : « Oui, merci, c’était bon ».
Ce qu’une femme pensera : « Et si c’est bon, c’est pas un peu grâce à moi, aussi ?! On m’y reprendra à passer mon jeudi dans les courses et le ménage et mon vendredi dans la cuisine ! »

Vous êtes Olé Hadash (nouvel immigrant) et voilà six mois que vous vous battez, avec votre hébreu approximatif, contre les remparts de la bureaucratie israélienne pour tenter de comprendre pourquoi on vous débite chaque mois de la somme de deux abonnements à Hot alors que, depuis le début de la souscription, ce jour où un charmant vendeur est venu, à domicile, vous offrir la lune à 220 shekels par mois tout compris*, vous n’avez signé que pour un. Et un beau jour du mois de juillet, vous ouvrez votre boite au lettres et découvrez, entre deux factures d’Arnona et de Bezek, la lettre de Hot qui vous annonce, ô miracle, que l’erreur est prise en compte et que vous voilà crédité d’un avoir de 1320 shekels (lesquels se retrouveront, soit dit en passant, dans la facture de téléphone, vu le temps passé sur la boite vocale du service clientèle).
Votre réaction, à la lecture de la lettre : « Baroukh Hachem ! »
Ce qu’il faut comprendre : « Sof sof ! Ils ont enfin compris, malgré mon hébreu al hapanim et mon accent frankaoui, que je n’étais pas un pigeon pour autant !
*ça, c’est la petite phrase assassine que vous auriez dû lire, en bas du contrat…

Dans le même sens : « Baroukh Hachem, j’ai enfin quitté la France ! » ou encore : « Baroukh Hachem, j’ai signé mon premier contrat ! » = Enfin, c’est pas trop tôt…

L’hiver sera court…

Les différences de mentalité entre Israéliens "d’origine" et Français récemment arrivés font régulièrement l’objet de nombreuses discussions, plus ou moins animées et indulgentes, mais j’ai noté, pour ma part, une différence majeure que personne ne contredira, sous peine de mauvaise foi…

Cette différence est celle du rapport entretenu avec l’hiver. Cette saison, qui occupe en France les ¾ du temps, bien que le climat tempéré est en principe soumis aux quatre saisons, ne connaît pas du tout le même enthousiasme selon qu’on soit né en Israël, ou fraîchement débarqué. 
L’hiver, sensé arriver le 21 novembre en France si l’on en croit le calendrier « loazi » (traduisez pathos), s’incruste bien souvent dès septembre-octobre (pour preuve les 7 degrés affichés le 3 février dernier sur le thermomètre accroché à la fenêtre parisienne de chez mes parents, en plein 9ème arrondissement). Si ces températures sont automnales, que sera l’hiver ?
Sans vouloir être rabat-joie, si on oublie les orages post-canicule de mi-août, et le printemps qui a littéralement été zappé du fait des giboulées qui oscillaient entre pluies, ondées, bruines, et averses torrentielles, le peu de beau temps était tellement lourd et caniculaire que même l’été s’est révélé désagréable dans la majeure partie de la France…
Donc les Français ont de bonnes raisons d’être « échaudés » et de kiffer véritablement tout rayon de soleil israélien…
Tout comme la voiture d’un Israélien doit être, avant toute autre option, équipée d’un klaxon, l’appartement qu’achètera tout Français qui se respecte aura obligatoirement…la vue sur la mer et sur le ciel ensoleillé. Dans le même ordre d’idée, où trouver les Français, quand ils ne travaillent pas, du lendemain de la Mimouna, à mi-décembre ? A la plage, et au retour, aux terrasses de café pour profiter de ce fameux soleil si cher à leurs yeux qui en ont tant manqué durant toutes ces années d’exil en  Galout à « climat tempéré », qui a tempéré le caractère du Français au point de le rendre lunatique (je sens que je ne vais pas me faire des amis). D’ailleurs, la meilleure idée marketing dans le commerce du souvenir serait, mieux que le Tee-shirt « I love Israël » ou que la pendule murale en bois verni décorée du dessin du Mur des Lamentations sur étain gravé : une boite contenant du soleil d’Israël, qu’il suffirait d’agiter pour inhaler du bonheur…Les docteurs devraient y songer, la solution au trou de la sécu est là…
Pour les Sabras, c’est différent…Le « matsav rouakh » (humeur) israélien est directement lié au "miflas hakineret", niveau du Kineret, qui occupe la première place dans la liste des préoccupations israéliennes, le cours du dollar se positionnant non loin derrière. Ainsi, un centimètre de plus enregistré sur le niveau du lac mettra votre patron sabra, le guichetier de la poste, ou encore votre banquière, de bonne humeur pour la journée, ce qui est toujours utile de savoir (ajouté à un maxi mug de café Elite noyé dans du lait, le bonheur est complet).
Le soleil n’est pas le meilleur ami de l’Israélien (même si sa peau le supporte pourtant bien mieux que celle du Français, qui a tendance à virer au rouge plus les origines ashkénazes sont présentes). Et ne parlons pas du Russe, qui a transformé son parapluie soviétique en bouclier anti-solaire et tient là son "péril jaune"). Le Sabra ne peut pas vivre sans mazgan, attend l’hiver et voit le réchauffement de la planète comme une prophétie de mauvaise augure. Il est à l’affût du peu de froid que le furtif hiver israélien lui apportera, et le moindre nuage annonciateur de pluies le met en joie. Il n’y a qu’en Israël où vous pourrez assister à des prières collectives de rabbins pour faire venir la pluie ! Et le jour où la neige se trompant de destination vient à tomber accidentellement en Israël, est déclaré fête nationale, et les enfants, ravis de faire des luges avec leurs buggys, ont un jour de vacances, l’école étant fermée. Ce jour-là, on prend les appareils photos, et le train pour aller voir, au lieu de la grande bleue à Eilat, la grande blanche sur Jérusalem.
Alors que les Françaises repoussent au maximum le passage aux collants, écharpes et pulls de leur garde-robe d’hiver, les Israéliennes, au contraire, enfilent des bottes fourrées dès qu’il fait 18 degrés, 15 degrés étant les grands affres de l’hiver qui les feront s’emmitoufler dans des écharpes et grosses doudounes, sortir leurs couvertures chauffantes, leurs bouillottes, et allumer leurs radiateurs à infrarouge.
Bref, tout ça pour vous dire que tout est une question de mentalité, mais qu’elle trouve parfois son origine…dans l’origine. Et la morale de l’histoire, où en tout cas ce que l’on pourra retenir de ces préoccupations saisonnières, se résume à une phrase, à cogiter pour comprendre autrui : « Dis-moi d’où tu viens, et je comprendrai comment tu es…»

Valérie Bitton

IPHONE : LE TOUR DES APPLICATIONS CASHERES

Tous les utilisateurs de téléphones mobiles iPhone le savent : ces portables sont bien plus que des téléphones puisqu’ils permettent de tout faire. Pour cela, il suffit de télécharger une multitude d’applications dans l’Apple store. Certaines sont gratuites, d’autres pas. Mais saviez-vous qu’il existe également des «applications « cachères » ? Visite guidée…

Commençons par des applications « sérieuses », toutes téléchargeables sur le site marchand iTunes. Parmi elles : le calendrier juif, des livres virtuels de prières, des livres de cuisine casher, des localisateurs de synagogues ou de restaurants cashers. Il y a aussi l'iTalmud, qui permet de consulter numériquement le Talmud dans son intégralité. Tout le monde connaît aussi l'utile application "Shabbat Shalom", qui communique les horaires d'entrée et de sortie du Shabbat à travers les villes du monde entier. Il existe désormais l’application iKotel qui permet d’envoyer une prière qui sera imprimée puis insérée entre les pierres du Kotel. Cette application vous permet aussi de ‘visiter’ virtuellement le Kotel. Vous pouvez aussi télécharger l’application « Produit Casher » qui vous permet de prendre via l'appareil photo de l'iphone un code-barre situé sur l'emballage d'un produit. Une fois le code-barre reconnu et analysé, votre iPhone vous indique si ce produit est conforme aux règles de la casheroute.

Mais il existe également des applications plus fantaisistes, comme l'application Lulav Wizard qui utilise un accéléromètre intégré à l'iPhone afin que les utilisateurs puissent secouer virtuellement en 3D des feuilles de dattier et de cédrat accompagnés d'effets sonores et de prières en hébreu et anglais.
Autre application intéressante : iKippa, pour "ces moments où vous avez besoin d'une kippa et que vous n'en avez pas". iKippa permet aux  utilisateurs de choisir le motif de leur kippa, puis de positionner leur iPhone sur la tête. Remarquez, ce n’est pas pire que la « Kippa-cabana » dans le film « Coco » !
D'autres applications divertissantes sont disponibles sur l'iPhone, comme iGavolt, qui permet d'avoir une grand-mère virtuelle autant de temps que vous le souhaitez dans votre poche. Au cas où les sempiternelles "Pourquoi tu ne m'appelles plus ?" ou encore "Comme tu as maigri, viens manger des falafels !" vous manqueraient un tant soit peu
Pour Hanoucca, vous pourrez allumer un shamash fictif et les bougies d'une Menora virtuelle. L'application iMenora affiche automatiquement le nombre correct de bougies à allumer par jour et entonne les prières après l'allumage. Les bougies se consumeront progressivement, en 8 minutes, sans que vous ayez à dégainer votre briquet. Après les bougies, téléchargez l'application "Super Dreidel", qui diffuse la traditionnelle musique de Hanoucca et permet de jouer à la toupie.

Cette liste n’est pas exhaustive et il en existe sûrement d’autres, des plus utiles aux plus fantaisistes, tout comme il existe de savants hommes de marketing juifs prêts à développer la moindre « i-dée » susceptible d’être lucrative. Reste à savoir si ces applications cashères ne sont pas utilisées le shabbat… 

Valérie Bitton

QUESTION DE MENTALITÉ...

Quelques mois passés en Israël, quelques années pour les plus lents à « capter »,  vous ont fait comprendre que pour vivre ici, il fallait développer soit des montagnes de patience, soit prendre vite le pli et les façons de faire locales pour arriver à vos fins. Je n’alimenterai pas le débat qui consiste à savoir quelle est la manière française et l’israélienne, je vous donne juste quelques options de comportement. Libre à vous de choisir celle qui vous convient le mieux…

A la koupat Holim (chez le docteur)
1/Je m’assois et attends patiemment mon tour et je fais connaissance avec tous les adhérents de ma caisse maladie qui m’auront tout simplement doublé pour « juste demander une ordonnance ».
 2/ Toc toc toc ! Bonjour Docteur, vous pouvez me recevoir ?
 3/ J’ai mal à la gorge, tu peux jeter un oeil ? (en ouvrant grand la bouche et la porte, quitte à mettre dans l’embarras le patient qui s’apprêtait à se faire piquer dans une région autre que le bras)

A la caisse du supermarché
 1/ J’ai oublié d’acheter le lait, prenez ma place si je ne suis pas revenue à temps
 2/ "Mi Hakharon ?" ("Qui est le dernier?" Question posée par tous les Israéliens afin de pouvoir faire leurs courses et revenir reprendre leur place)
 3/ Une minute, je passe devant, je n’ai que 10 articles et vous 13, la pizza cuit dans mon four, mon bébé attend dans la voiture, et j’ai une envie folle de faire pipi qui ne résistera pas !

Dans l’ascenseur
 1/ "Naïm méod, madame Boutboul… Quel étage ? Moi, c’est le sixième, si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas…"
 2/" Shalom! Vous habitez dans l’immeuble ? Vous êtes nouvel arrivant ?"
 3/ "Vous louez ou vous avez acheté ? Combien ? Avec ou sans machkenta ? Puisque vous passez par le parking, vous pouvez déposer mon sac poubelle ?"

A la station de taxi
 1/ "Shalom adoni, pouvez-vous me conduire à la zone industrielle, s’il vous plait ?, en m’asseyant sur la banquette arrière et finissant mon cornet de glace avant d’entrer"
 2/ "Nahag, conduis-moi au centre ville, avec le compteur SVP !"
 3/ "Combien tu prends jusqu’à Sheshet Hayamim ?", en mettant mon maillot mouillé sur son siège avant et mes tongs ensablées sur son tableau de bord, et en ouvrant grand la fenêtre sans le moindre égard pour sa climatisation.

A la plage
 1/ Je rentre précautionneusement dans l’eau en évitant d’arroser mes voisins, évite de faire la bombe ou l’avion qui va décoller près des nageurs et ressors tout aussi précautionneusement sans m’ébouriffer comme le caniche d’à côté, ni marcher sur la serviette de mon voisin et secouer la mienne dans le sens du vent.
 2/ Je m’assois à une distance de sécurité d’au moins deux mètres, ne me mêle pas aux  conversations si je n’y suis pas invitée à y prendre part, même si je sais qui a joué dans « l’année des méduses », et si on me demande l’heure d’entrée de shabbat, je ne suis pas obligée de donner dans le détail le menu que j’ai préparé pour tata Messaouda.
 3/ Oh, la belle plage vide ! J’aperçois des gens tranquilles au bout là-bas, et je vais coller ma serviette sur eux pour qu’ils se sentent moins seuls. Comme ça, je pourrai comparer nos bronzages et notre taux de cellulite, et on pensera que ce sont eux qui ont laissé les paquets de bambas, noyaux de nectarine et bâtons d’esquimaux par terre.

En location
 1/ Je fais le ménage avant de restituer l’appartement, laisse un fond de rouleau de papier toilette pour les locataires suivants et quitte les lieux à l’heure prévue. J’ai lavé et plié les draps, et récupéré le vilain tableau et l’affreuse lampe en coquillages de dessous le lit pour les remettre à leur place initiale.
 2/ J’organise un barbecue sardines grillées, obligeant ainsi mes voisins à mettre leurs cinq sens en éveil, éveillés qu’ils seront par l’odeur tenace et le bruit de ma chaîne stéréo à fond à côté de qui Johnny Halliday au Zénith ressemblera à un concert de musique de chambre.
 3/ Je laisse un souvenir d’épilation dans la baignoire, de teinture sur le tapis de salle de bain blanc et de manucure sur la moquette du salon. Je vis comme une touriste du Club Med pour qui tout est à volonté, l’eau et l’électricité étant compris dans le forfait, je ne remplace pas le bol cassé au petit déjeuner et emporte avec moi en guise de souvenir le si joli ravier qui ira si bien avec mon service perso.

Au restaurant
 1/ Je tente d’intercepter le regard du serveur pour qu’il vienne prendre la commande ou esquisse un léger signe de la main, j’ai déjà choisi un plat avant son arrivée à ma table, mais je laisse mon chéri passer la commande (et pourquoi pas payer s’il insiste), je mange la bouche fermée, ne fait pas « slurp » slurp » si je bois de la soupe, parle la bouche vide et vérifie d’un rapide coup d’œil dans la lame du couteau si un bout de salade ravageur n’est pas venu s’immiscer entre deux dents.
 2/ Je hèle : Meltsar ! La même salade que ma voisine, mais alors sans les oignons et avec des olives, et puis, light la sauce, c'est-à-dire sans huile mais avec du jus de citron pour le goût…oh, et puis finalement, une assiette de pâtes fera l’affaire. Sans sauce, et al dente, les pâtes…
 3/ J’éructe : ALLO ! C’est pour demain, le verre d’eau ? Non, pas minérale, du robinet ! Si c’est buffet à volonté, j’empile trente centimètres de carottes râpées dans mon assiette. Je mets mes os de côtelette d’agneau sur la nappe, mes coudes sur la table, me serre du verre comme d’un rince-doigt puis d’un cendrier, dépèce un cure-dent et part sans laisser le moindre pourboire.  

A la fête de l’école
 1/ J’arrive à l’heure, je coiffe ma progéniture et lui met le tee-shirt blanc qu’on a demandé, et « mouche ton nez et dis bonjour à la dame », je me propose pour faire le taboulé ou acheter les borekas, (c’est toujours bien vu, les borekas), je prend l’air engageant, je fais « la danse des canards » et « la chenille qui redémarre » même si j’ai l’air ridicule, j’ai pris soin de charger l’appareil photo et je bombarde tous les copains-copines à qui je promets de donner un double avant l’année du baccalauréat…
 2/ J’arrive une heure après car ça commence toujours une heure après, j’aide la maman chargée de bouteilles et de cakes comme ça moi non plus, je ne suis pas venue les mains vides, je monopolise la mora toute la soirée pour lui parler du « cas Nathanaël », la directrice pour tenter de faire sauter une classe à mon enfant surdoué (si, si, c’est de famille), et le buffet duquel je ne décolle pas, bien décidée à ne pas faire à dîner ce soir en rentrant…
 3/ Je n’y vais pas, l’année prochaine il change d’école, et la danse des canards, c’est pas mon truc, et puis il grandira, et il oubliera…

Valérie Bitton


OU VONT LES ISRAELIENS ?

C’est un fait de société, les Israéliens adorent se sonder et nombreuses sont les sociétés de sondage qui passent leur temps  à nous dévoiler toutes sortes d’infos telles que : le nombre de kilos de viande ingurgités à Yom Atsmaout, de matsot à pessah, le classement des dépenses d’un foyer israélien, le nombre de citoyens qui allument les bougies de Hannouka et la destination préférée pour partir en vacances…

Récemment, la société Telmap, qui a développé l’application GPS pour les téléphones cellulaires,  s’est penchée de plus près sur l’utilisation du GPS par les Israéliens et nous dévoile  quelles sont les demandes les plus fréquentes.
Que recherchent donc les Israéliens ? En tête de liste des mots recherchés se trouve le géant suédois IKEA. Les mauvaises langues auront vite fait de se demander si c’est en effet la destination la plus populaire (ce qui est fort possible à voir la fréquentation du magasin), ou si l’enseigne est tout simplement mal indiquée sur les plans ou mal signalée sur la route… En deuxième position, on trouve, bien sûr, Jérusalem (étonnant qu’on cherche à se rendre d’abord à Ikea » !). Restons pratiques avec, en troisième position, le mot « essence », utile en effet si on veut arriver à destination. Viennent ensuite les mots « Ashdod » et « Cinéma City ».
En tête des catégories recherchées, les Israéliens recherchent les hôpitaux, puis les restaurants. Les distributeurs de billets (de banque) arrivent en troisième position (ils devraient pourtant être avant les restaurants !), suivis des centres commerciaux. Toujours selon Telmap, la rue la plus demandée à Tel-Aviv est la rue Itshak Sadé, à Haïfa la rue Atsmaout, et à Jérusalem la rue Beit Hadfous. Si quelqu’un sait ce que l’on y trouve, merci de nous le signaler.  
D’autres données enregistrées durant l’année 2010 sont également intéressantes : les Israéliens ont eu recours au système de GPS des centaines de milliers de fois, pour une distance moyenne de 25 kilomètres. Sachez aussi que le jeudi est le jour où est enregistré le nombre le plus important de consultations du GPS tandis que, surprenante mais heureuse surprise, les vendredis et samedis sont les jours les plus calmes. Ceci s’explique par le fait que les Israéliens utilisent davantage leur GPS dans le cadre de leur travail plutôt que lors de leurs loisirs. Deux pics record enregistrés néanmoins : durant les fêtes, et le soir du nouvel an civil.  

Voici  une vidéo sympathique sur le GPS :



COMBIEN GAGNE BENYAMINE NETANYAHOU ?

43 952,29 shekels brut : c’est le salaire que touche le Premier ministre israélien. Celui-ci n’a pas hésité à publier sa fiche de paie sur sa page personnelle du réseau social Facebook, suite à la demande de nombreux internautes. Bibi perçoit en fait 15 027,43 shekels (un peu plus de 3200 euros), après déduction des impôts, des cotisations retraite et sociales. Précisions que le premier ministre bénéficie en outre d'un logement et d'une voiture de fonction.
Reconnaissons qu’un tel souci de transparence n’aurait pas pu se produire en France. On imagine mal en effet Mr Sarkozy exhiber sa fiche de paie sur internet.  Mais c’est aussi ça, Israël, une démocratie qui ne cache rien à ces citoyens. Rappelez-vous quand Ehoud Olmert,  l’ancien Premier ministre, a découvert qu’il souffrait d’un cancer de la prostate. Durant plusieurs semaines, nous avons eu droit à une véritable leçon d’anatomie, schéma à l’appui, de la part des médias israéliens qui avaient passé au scanner le dossier médical. Idem lors de l’accident vasculaire cérébral  de monsieur Ariel Sharon, alors Premier ministre, à la suite duquel les journalistes ont relayé le diagnostic des médecins sans qu’aucune censure ne soit faite sur le dossier médical.
En Israël, la frontière entre la vie privée et la vie publique est beaucoup plus souple qu’elle ne l’est en France. Les Israéliens ont tous le numéro de téléphone du domicile de la maitresse d’école de leur enfant, les citoyens sont invités chez le maire pour manger des beignets et allumer les bougies de Hannouka, et nous connaissons tous l’adresse du soldat Guilad Shalit, à Mitspé Hila.   
C’est aussi très Israélien de demander à une personne croisée dans l’ascenseur de son immeuble si elle est locataire ou propriétaire et, le cas échéant, de lui demander combien elle a payé son appartement. Tout comme on n’hésite pas ici, à l’instar du modèle américain, à demander (ou à dire) combien on gagne. Tout comme l’a fait aujourd’hui notre Premier ministre, citoyen comme tous les autres à qui l’on s’adresse en disant « tu », comme le veut l’hébreu qui ne connaît pas le vouvoiement.  

MADE IN ISRAEL…

Chaque année, à l’occasion de Yom Atsmaout (la fête de la création de l’Etat d’Israël), une grande enseigne israélienne se paie un super coup de pub en offrant aux lecteurs du quotidien national Yédiot A’haronot  un cadeau « Blanc-bleu ».

Bonne nouvelle pour cette année : La Banque Hapoalim a annoncé dans les médias nationaux qu’elle offrirait cette fois-ci, à l’occasion de Yom Atsmaout, des drapeaux de fabrication israélienne…Rien d’étonnant, me direz-vous ?
Et bien si ! Car figurez-vous que l’année dernière, cette même banque nous a donné une leçon de « Houtspanoute » (traduisez  culot, le sport national israélien) en offrant des tee-shirts arborant l’inscription « Koulanou Israélim ! » (Nous sommes tous Israéliens)… fabriqués en Turquie !  « Nous sommes tous Israéliens », nous revendiquons fièrement notre appartenance à l’Etat hébreu et nous portons les couleurs du pays, mais nous ne sommes pas fichus d’encourager le commerce israélien et préférons employer des travailleurs turcs. Voilà ce que signifiait le message du coup beaucoup moins bien perçu par les Israéliens qui dévoilèrent le scandale et virent rouge. Pour sa défense, la banque a expliqué que les tee-shirts, qui étaient offerts par milliers d’exemplaires, lui seraient revenus beaucoup trop chers s’ils avaient été fabriqués en Israël, et que ce qui importait était l’inscription dessus et non l’étiquette dedans... Mais allez faire entendre cela à l’industrie du textile locale qui aurait bien aimé que madame la banque montre l’exemple en achetant elle-même « Ka’hol-lavane » (blanc-bleu).

On comprend aisément maintenant que, face à cette incohérence, la banque Hapoalim n’a pas eu d’autre choix cette année que d’employer la main d’œuvre israélienne pour la confection de ses petits drapeaux. Question de réputation….

Valérie Bitton